Que les choses soient claires. En aucun cas nous ne voulons du Front National. Nous ne supportons plus que des réfugiés se noient dans la mer. Et il est hors de question de laisser toutes les digues tomber dans notre pays aussi. Nous refusons d’entendre des remarques racistes, homophobes, partout, dans les trains, dans les cafés et sur les places publiques. De voir certains visés, spécifiquement mis au ban. Les enfants étrangers privés d’école. Les enfants des pauvres privés de cantine. Nous refusons que l’horreur devienne une banalité. Nous sommes présents, nombreux et nous sommes organisés.

Nous n’en pouvons plus du libéralisme. Nous ne voulons plus voir les salariés traités comme des esclaves. Le chômage, les travailleurs pauvres, les retraités aux pensions de misère. Nous ne voulons d’aucune caste dominante. Nous ne voulons pas laisser nos enfants empoisonnés par des pesticides. Nous ne voulons pas que des enfants travaillent pour fabriquer nos smartphones. Confectionner nos tee-shirts. Nous voulons que personne ne se tue à la tâche. Nous ne voulons pas que les travailleurs détachés soient payés au lance-pierre. Nous ne voulons pas être exploités. Nous ne comptons pas rester les bras croisés.

Nous rejetons l’oligarchie. A la place, nous voulons une véritable démocratie. Sans 49.3, sans ordonnance, sans article 16. Nous n’en pouvons plus du règne de l’argent. Nous avons un idéal. Nous pouvons changer le monde et la constitution.

Nous haïssons toute forme de discrimination. Nous voulons que les salaires entre hommes et femmes soient équivalents. Nous refusons de faire la guerre pour acquérir du pétrole. Nous ne voulons pas être terrorisés sur nos places publiques. Nous ne supportons plus que des hommes et des femmes en fuite se noient chaque jour dans la mer. Nous ne supportons plus que les survivants soient humiliés sur notre territoire. Nous ne pouvons plus accepter chez nous les fruits pourris de l’exploitation et de la pollution. Nous ne voulons plus des produits de la honte. Nous voulons mettre fin au pillage de la planète. Nous ne voulons pas considérer les êtres vivants comme des matières premières. Nous n’avons aucune intention de produire des dividendes, mais simplement les biens qui nous sont nécessaires. Les gens responsables, c’est nous. Nous sommes responsables et solidaires.

Ce second tour est une douleur. Nous voulions avoir le choix. Or, qui pourrait prétendre que le choléra en est un ? Nous votons en conscience. Nous sommes des gens responsables. Mais nous voulons être libres, toujours : c’est cela être insoumis. Et par notre insoumission, peu à peu, nous sommes en train de créer une autre voie. Déjà, nous sommes devenus une force en action. Un premier espoir. Nous n’avons aucune intention de nous arrêter là. Nous sommes fiers, avec ça. Nous avons un beau projet. Cohérent, réaliste et chiffré. Il est écrit noir sur blanc, nous pouvons encore le faire appliquer. Mais pour ce faire, nous devons être élus. Pour cela devenir députés en masse.

Il faut qu’il y ait le plus possible de représentants de la France insoumise à l’Assemblée nationale. Élus en nombre suffisant, nous pourrons mettre des bâtons dans les roues, chaque fois que nécessaire, à nos opposants. Les fascistes, les libéraux. Mais majoritaires nous pourrons faire davantage encore : nous revaloriserons alors les droits des salariés, engagerons la planification écologique, assurerons un régime de sécurité sociale universelle. Nous pourrons agir, avec comme seule boussole l’intérêt général humain.

Il est encore temps de rendre les années à venir enthousiasmantes. Avec l’appui du peuple, et malgré le règne sinistre qui se prépare, nous pouvons mettre en place en France les moyens d’un progrès véritable. À la condition que chacun se mobilise lors des élections législatives des 11 et 18 juin prochains. C’est bientôt, nous sommes prêts. Nous sommes plus insoumis et motivés que jamais.